Le street art ne s’est pas laissé intimider par les barricades de Port-au-Prince

Tenue sur le thème « Mobilité contemporaine – Déterritorialiser l’imaginaire », la 4e édition de Festi Graffiti s’est étendue un petit peu plus que la période du 10 au 20 septembre, qui était prévue pour elle. Avec les pneus enflammés, les tirs nourris et les barricades tout au long de son déroulement, en 2019, le Collectif pour la promotion des arts urbains et de l’art contemporain (CPAUAC), structure porteuse du festival, a dû faire face à de nombreux contretemps.

Encore une fois, Festi Graffiti a su poser les questions qui tourbillonnent dans notre société, durant près de deux semaines pour cette 4e édition qui était prévu du 10 au 20 septembre 2019. Les questions saillantes de l’actualité socio-politique en rapport à l’insécurité, la migration, la rareté de carburant, la corruption et tant d’autres ont été abordé. Les graffeurs venus du monde entier accompagnés de graffeurs haïtiens ont peint sur les murs des rues et avenues comme Baussan, M, Camille Léon, Bois-Verna, Lamartinière et en bas de Lalue.

Les fresques sont plus belles les unes que les autres, comme celle de Zabou (France), représentant trois fillettes, sur le mur du Collège Le Normalien. Celle de Jerry Rosembert Moïse (Jerry Graffiti), pionnier de la scène Street art en Haïti, qui représente une sirène. Ou celle de Tomer Linage (Mexique), qui affiche un taxi et son chauffeur. La réalité quotidienne est présente partout dans leurs graffitis, surtout avec le duo de Gary (Haïti) et Francisco Silva (Haïti). Les artistes ont aussi peint leur rêve, comme celles de Raynald Beaufort (Rayza), qui représente Haïti aujourd’hui et Haïti dans le futur.

Mais la réalité autant décrite dans les fresques, a causé du tort au festival, beaucoup d’activités ont été reportées ou annulées, comme le battle hip-hop avec Break Mannyak, la causerie Street art au féminin à l’Institut Français en Haïti (IFH). À part la situation socio-politique instable et les pays lock, « la douane nous a donné beaucoup de retard dans la livraison de leur commande de bombe aérosol », ont fait savoir les responsables logistiques du festival. Cependant, Jean Widler Pierresaint, directeur et initiateur de cette activité, assure qu’aucun de leurs artistes n’a été agressé le vendredi 20 septembre dernier, comme certains médias tenteraient de le faire savoir.

« Cosby Hayes, Sarah Painter et Nate Dee, trois graffeurs venus des États-Unis, étaient en train de visiter la statue Nèg Mawon, au Champs de Mars, raconte Pierresaint. Lorsqu’un homme s’est entretenu avec l’un des membres de l’équipe qui les accompagnaient pour lui demander de l’argent. Il voulait que les Blancs lui fassent un peu de charité. Il s’est fait très instant, même lorsque les artistes sont retournés à leur véhicule. Finalement, un membre de l’équipe lui a donné un peu d’argent, mais à aucun cas, il n’y a eu d’agression. »

Malheureusement, les 26 artistes invités dans le cadre de ce festival n’ont pas pu tous réaliser ou terminer leurs œuvres. Beaucoup d’entre eux ont dû fuir le pays durant la semaine du 15 au 21 septembre. De ce fait, durant le week-end des 21 et 22 septembre, le festival a dû s’étendre un peu plus que la date prévue.

Certains artistes étaient encore dans les rues pour achever leurs fresques. Comme Lidia (Brésil) à la rue Baussan, qui était venue terminer sa fresque qui parle de la migration. Elle a dessiné une femme étendue sur le flanc, avec un trou béant dans l’abdomen, d’où s’écoule ses rêves en une rivière multicolore. Et une autre femme assise dans un petit bateau, avec comme unique bagage ses rêves représentés par un oiseau et sa maisonnette naviguant sur les flots de la première.

Toujours durant le week-end dernier, le 21 septembre plus précisément, une visite guidée avec Bénédicte Pilet (France) a été organisé dans les rue M, Baussan et Bois-Verna. Cette médiatrice culturelle et guide touristique street art, a animé un atelier de formation où une vingtaine de jeunes ont été amenés à construire des parcours de médiation autour des thèmes du Street art et du Graffiti.

Au final, l’actualité socio-politique en constante ébullition n’a pas pu étouffer le festival. Le street art a tenu bon face aux barricades de Port-au-Prince grâce à Festi Graffiti.

Hervia Dorsinville
dhervia04@gmail.com

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Editor review

Graphics
5/5
Gameplay
4.5/5
Sound
2/5
Storyline
4/5

3.88

Good
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Summary

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