Wawa, un mapou de la musique haïtienne

Wawa, un mapou de la musique haïtienne

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acques Maurice Fortère, de son nom d’artiste «Wawa», est une légende de la musique haïtienne. Sa carrière, comme un fleuve long et tumultueux, a traversé les époques, les genres musicaux dont le compas direct mais surtout la musique racine, un rythme musical pas trop bien apprécié par la société haïtienne. Rencontré en juillet 2019 à New York, aux États-Unis d’Amérique, par Le Nouvelliste, l’homme de 82 ans est de plus en plus affaibli après un accident cérébral vasculaire (AVC) qui l’avait frappé en 2006 et souffre d’une perte considérable de la mémoire. 

Ayant vu le jour à Port-au-Prince (Haïti) en 1937, Wawa a fait ses débuts dans la musique haïtienne dans les années 50 dans le compas, avec Jeunesse Sentimentale, Orchestre La Gaieté, Nemours Jean-Baptiste et Webert Sicot. Son talent était immense, et sa marque, dans l’histoire de l’interprétation de la musique ancienne, considérable. Sa carrière fut enrichissante. Affaibli d’un strock et aussi d’une grosse perte de la mémoire, l’octogénaire confie avoir la musique dans l’âme.

Père de 14 enfants avec plusieurs mères, dont dix garçons et quatre filles, Wawa a été très tôt attiré par la musique racine. Quelque peu lassé après des expériences avec la limite du compas, il fonda en 1957 le groupe Rasin Kanga de Wawa, dont la particularité était de n’être point permanent : quatre ou cinq fois par an, ses musiciens se réunissaient, répétaient, partaient en tournée, enregistraient leur programme en concert, et se dispersaient jusqu’à la session suivante. Passionné par le vaudou et le mouvement racine, le maître à penser de  Rasin Kanga de Wawa choisit de rester dans la musique mais adopte la tendance racine.

«L’idée de créer Rasin Kanga de Wawa m’était venue après maints réflexions et constats vu que le compas ne m’apportait pas réellement la stabilité que je cherchais. Je voulais un rythme mettant beaucoup plus en valeur la culture haïtienne. Au départ, je fus musicien et compositeur de Nemours Jean-Baptiste, Wébert Sicot, des orchestres Tropicana et Septentrional (1960), des groupes Super Choucoune (1970), Kamizol Bleu (1970), Carrousel de la Chanson (1970) et de l’Orchestre Radio nationale (1980). J’ai apporté mes contributions aussi dans les titres ” Enfer “, “Homo homini lupus ” de Webert Sicot ainsi que “Pa banm poto” de Nemours Jean-Baptiste», raconte Wawa, ajoutant qu’il y a des musiciens qui décident de le devenir alors que d’autres pour qui ce sont les événements qui le décident. Dans son cas, ce sont plutôt les événements. L’artiste n’avait pas en tête de faire une carrière musicale, ni de carrière tout court. En fait, il ne savait pas trop ce qu’il voulait faire à cette époque. «Rien ne m’attirait particulièrement», dit-il.

Wawa avait été un homme très séduisant et un perfectionniste. Fidèle en amitié, fin, enthousiaste, parfois naïf comme un enfant, il était un grand buveur. En revanche, il était toujours en quête de l’excellence, de la qualité et du beau. Un jour en 1990, il confie avoir rencontré le tambourineur et chanteur du groupe Rasin Mapou, Lenor Fortuné, mieux connu sous le nom de Azor. Wawa dit avoir rencontré dans un studio ce jeune musicien dont il aimait sa voix car il avait vu en lui un grand potentiel pour la musique qu’il enregistrait.

«Azor fut mon élève. Il fut un excellent et grand musicien. J’ai investi beaucoup dans Azor car je savais qu’il pouvait apporter une valeur ajoutée dans ma vision qui était de rehausser au plus haut niveau la musique racine. Malheureusement, aujourd’hui on essaie de détruire le mouvement racine prétextant qu’ il est diabolique. Il faut  comprendre que le racine est l’essence même de notre culture», indique-t-il, ajoutant que le tambourineur et lui se sont séparés quelques années après avant qu’Azor puisse créer Racine Mapou.

Plus loin, le samba Wawa a affirmé qu’à son époque, la musique haïtienne avait plus de contenu et de qualité par rapport à l’époque actuelle. « Je pense que les gens de mon époque avait beaucoup plus d’inspiration. Aujourd’hui, la musique haïtienne est au plus bas niveau de son histoire, à l’exception des artistes comme Jean-Jean Roosevelt, Jean Belony Murat «Belo», Roosevelt Saillant «BIC», Arly Larivière sans oublier  Boukman Eksperyans, une formation musicale racine exceptionnelle», lâche-t-il soulignant que chaque musicien ou artiste doit apporter sa contribution positivement au changement  d’Haïti. «Il est anormal que nos musiciens ne fassent rien en utilisant leur talent pour changer leurs compétences à la situation actuelle d’Haïti qui doit sortir de ce bourbier, opine Wawa.

Amos Cincir
Le Nouvelliste
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Editor review

Graphics
5/5
Gameplay
4.5/5
Sound
3/5
3/5

3.88

Good
3.88
Summary

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